Biographie

C'est un ennui insondable pendant mon enfance qui m'a conduit à développer une passion pour l'art. Des heures interminables de solitude ont stimulé mon imagination et ma curiosité ; j'ai construit, arrangé, bricolé et développé une passion pour les belles images, la couleur d'abord, la photographie, la peinture classique et moderne, la sculpture, l'insolite aussi...

  Diplômée d'architecte d'intérieur, j'ai commencé à faire des collages en 2004.

J'ai vite senti que cette pratique me permettrait de m'exprimer.

Aujourd'hui encore, je suis toujours attachée aux techniques traditionnelles et non numériques. Mes thèmes favoris sont centrés sur la condition humaine, et je reviens presque toujours sur la condition des femmes.

Des thèmes connexes se développent, tels que la douleur, la beauté, le contrôle du corps, le passage du temps... Par la juxtaposition d'images de corps, ou de parties de corps, d'yeux, de visages, de mains, d'organes, j'essaie de montrer et de faire ressentir ce qui n'est pas dit, les profondeurs des âmes, la cruauté inconsciente.
Je procède à la manière des surréalistes, par associations d'idées, selon les rencontres d'images que j'ai recueillies, découpées, triées au préalable.

Le collage est construit autour d'un élément central, très souvent une oeuvre d'art, et se développe au fil des rencontres successives : Je recherche la juxtaposition parfaite, la ligne qui rejoint la ligne, les chances improbables. J'aime jouer avec les différences d'échelle, les textures du papier, les harmonies de couleurs. Je confronte souvent le végétal et l'organique, en essayant de les rendre indiscernables, j'aime confondre l'œil et jouer avec lui, surprendre pour faire réagir.

Enfin, je recherche la cohérence d'ensemble, l'équilibre de la composition et à un moment donné, je sais que le collage est terminé.

Approche artistique

Certains collages interrogent le statut des femmes et la façon dont elles sont perçues dans la société actuelle.

Sujet féminin, qui revendique sa féminité et la joue pour mieux s'affirmer ou objet féminin, instrumentalisé par le regard de l'homme, enfermé dans les stéréotypes de l'inconscient collectif.

Ces femmes-objets, issues des grands chefs-d'œuvre de la peinture classique, confrontées par le biais du collage à de multiples images, plus récentes comme les photographies, les éléments minéraux, végétaux, voire organiques... provoquent un choc puissant. Ce choc, cette collision fait écho aux bouleversements provoqués par l'émancipation des femmes : des revendications des premières féministes aux événements récents et brûlants des mouvements #me-too.

 

Le corps est omniprésent. Un corps mis à nu, qui s'expose par défi, renvoyant le regard à celui qui l'incite, ou qui, lourd de son secret, s'esquive... Le paradoxe de ce corps réceptif, c'est d'être à la fois hypersexuel et sanctifié.

Dans la femme, et plus précisément dans son corps, se noue le drame de la vie, déchiré entre jouissance et responsabilité de l'espèce. La femme objet, la femme proie, nue, au centre, offerte aux mains de tous, au regard, à l'agression, à la convoitise, dans des environnements foisonnants et parfois dérangeants, tente de sortir de son héritage patriarcal pour devenir enfin le sujet féminin.

 

D'autres collages sont comme un long voyage, parsemé d'embûches et de trésors... Et tandis que vous avez l'impression d'avoir bien regardé, vous découvrez une nouvelle pépite, un joyau, une révélation.

D'autres vous racontent, comme un conte ou un mythe, ce qu'il y a au fond de vous.

Votre vie intérieure, les joies et les peines universelles sont là, c'est pourquoi vous y trouvez à la fois de la douceur et de l'horreur. Comme dans les rêves, une lame touche une paupière, les mains caressent un cactus. La logique n'a pas de place, le temps, les rapports d'échelle ne comptent pas. Sans un mot ou presque, l'œuvre vient remuer votre enfance, titiller votre subconscient et toucher votre cœur.